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Les mots qui tuent

5 mai 2016
2 min de lecture

Roses are red, violets are blue and ...

La performance des mots

Nous ne maîtrisons pas, ou peu, les mots que nous utilisons pour communiquer, nous le faisons davantage lorsque nous écrivons. Nous nous rendons cependant compte que, quelle que fût notre bonne intention à l’égard de notre interlocuteur, le voici soudain blessé par on ne sait trop quoi. Il s’agit en réalité souvent de l’effet des mots. Car ceux-ci ont cette caractéristique, qui n’est donc pas propre à l’acte : ils heurtent, blessent, choquent, tuent. En bref, ils touchent. En cela, ils ne sont pas seulement vecteurs d’information ou de pur langage mais aussi d’émotion. Surtout quand l’autre reçoit le mot avec sa sensibilité propre, son <<vécu >>, l’imaginaire qu’il projette sur lui. Ainsi, tout mot est actif dès qu’il sort du dictionnaire à des fins de communication.

Les linguistes ont par ailleurs distingué dans la langue les figures performatives. Ainsi << je t’aime >> en un seul mot, si l’on peut dire. Roland Barthes explique : << Je-t-aime est sans nuances. Il supprime les explications, les aménagements, les degrés, les scrupules. D’une certaine manière –paradoxe exorbitant du langage-, dire je-t-aime, c’est faire comme s’il n’y avait aucun théâtre de la parole, et ce mot est toujours vrai (il n’a d’autre référent que sa profération : c’est un performatif). >> Mais on peut dire de façon plus large que tous les mots- et au-delà toute parole- s’ils ne sont performatifs, sont performants, c’est-à-dire qu’ils agissent. Et sur autrui. A l’extrême, il y a les insultes ou injures, souvent prononcées ab irato. Elles sont proférées quand il n’y a plus rien à dire, comme une forme de passage brutal et désespéré à une forme d’acte << ultra verbal >>. Elles ont quelque chose de physique. Elles concluent, dans l’impasse de la communication, en feu d’artifice langagier, une dissension, devenue dispute, et visent à atteindre l’être pour lui faire mal. Une << bonne injure >>, telle une arme, se mesure à l’aune de la blessure de celui à qui elle est destinée. Malheureusement- ou heureusement- la colère qui la porte, mais que l’on << voit >> comme une excitation, en atténue la portée. Enfin, les mots ou formules de tous les jours influencent les interactions.

Il y a les mots. Quels mots ? Ceux qui s’apparentent à des grenades ? Ou à des messages de paix ? En tout cas, les mots (les expression, les formules) peuvent être des actes. Parfois aussi violents. On peut penser que, par eux, certaines guerres furent déclenchées. On connait les subtilités de la langue diplomatique. Quels sont donc ces mots qui << fâchent >> ? Et, au contraire, ceux qui peuvent apaiser ?


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ENSMR Press est un club de l'Ecole Nationale des Mines de Rabat créé au début de l'année scolaire 2015/2016 et dont le but est de le développement de la presse au sein du milieu des grandes écoles d'ingénierie

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